Le taux du Livret A est remonté à 1,70 % au 1er août 2026, après six mois à 1,50 %. Sur la même période, l’inflation mesurée par l’INSEE est passée de 0,9 % en février à 2,1 % en juillet. Un compte courant, lui, ne rapporte rien.
Combien garder sur son compte courant et où placer le surplus
Conservez l’équivalent d’un à six mois de dépenses courantes selon votre situation, détaillée plus bas. Le reste se répartit selon une seule variable : la date à laquelle vous aurez besoin de cet argent.
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Horizon |
Support |
Capital garanti |
Disponibilité |
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Moins de 2 ans |
Livret A, LDDS, LEP |
Oui |
Immédiate |
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2 à 8 ans |
Compte à terme, fonds euros |
Oui |
Variable selon le contrat |
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Plus de 8 ans |
PEA, compte-titres |
Non |
Immédiate, avec risque de moins-value |
Aucun de ces transferts ne demande plus de dix minutes. Les deux premiers n’exposent à aucun risque de perte en capital.
Ce que coûte réellement l’argent immobilisé
Un solde de compte courant reste identique en euros d’une année sur l’autre : l’arrêté du 8 mars 2005 autorise la rémunération des dépôts à vue, mais presque aucune banque française ne l’applique. Sa valeur d’achat, elle, diminue.
Prenons 10 000 € placés trois ans, avec une inflation stable à 2,1 %, le niveau constaté par l’INSEE en juillet 2026.
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Support |
Taux retenu |
Inflation retenue |
Montant après 3 ans |
Pouvoir d’achat réel |
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Compte courant |
0 % |
2,1 % |
10 000 € |
9 396 € (-604 €) |
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Livret A |
1,70 % |
2,1 % |
10 519 € |
9 883 € (-117 €) |
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Fonds euros |
2,18 % net |
2,1 % |
10 668 € |
10 023 € (+23 €) |
Le taux du fonds euros correspond à la moyenne de marché 2025 relevée par l’ACPR (2,63 %), diminuée des prélèvements sociaux de 17,2 %. L’assurance-vie est explicitement exclue de la hausse de la CSG prévue par la LFSS 2026, contrairement au PEA, au PER ou au compte-titres, qui passent à 18,6 %.
Trois ans sur un compte courant coûtent donc 604 € de pouvoir d’achat sur 10 000 €. Le Livret A ramène la perte à 117 €, le fonds euros la neutralise. L’écart entre la première et la dernière ligne atteint 627 € pour une opération qui prend dix minutes, et il se creuse mécaniquement avec le montant et la durée.
Ajuster le coussin de sécurité à votre situation
Le coussin sert à absorber un imprévu (panne de voiture, franchise médicale, remplacement d’une chaudière) sans casser un placement ni passer à découvert. Sa taille dépend de la régularité de vos revenus.
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Situation |
Montant à conserver |
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Foyer à deux revenus en CDI |
1 à 2 mois de charges |
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Revenu unique en CDI |
2 à 3 mois de charges |
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Indépendant, revenus irréguliers |
4 à 6 mois de charges |
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Projet à moins de 6 mois |
Coussin + montant du projet |
Le calcul se fait sur les charges réelles, loyer et crédits inclus, pas sur une estimation approximative.
Les supports adaptés à chaque horizon
Chaque tranche de durée correspond à une famille de produits, avec des contraintes de disponibilité et de fiscalité distinctes.
Moins de deux ans : les livrets réglementés
Capital garanti, retrait à tout moment, intérêts exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le Livret A plafonne à 22 950 € de versements, le LDDS à 12 000 €. Sous condition de revenu fiscal de référence, le LEP offre un taux de 2,50 % avec un plafond de 10 000 €.
De deux à huit ans : compte à terme et fonds euros
Le compte à terme immobilise une somme sur une durée définie contre un taux connu à la signature. Il convient à un projet daté, comme un apport immobilier.
Le fonds euros d’une assurance-vie garantit le capital avec une sortie plus souple. L’antériorité fiscale du contrat démarre dès l’ouverture, ce qui justifie d’ouvrir tôt même avec un versement minimal.
Plus de huit ans : les actions
Un horizon long permet d’absorber la volatilité des marchés actions, sans supprimer le risque de perte en capital sur les périodes courtes.
Le PEA accepte jusqu’à 150 000 € de versements, se limite aux titres européens et exonère les gains d’impôt sur le revenu après cinq ans de détention. Les prélèvements sociaux restent dus. Le compte-titres ordinaire n’a ni plafond ni restriction géographique, avec une fiscalité classique sur les revenus de capitaux mobiliers.
Investir en bourse : le rendement dépend de ce que vous achetez
Sur un livret, le taux est identique pour tous les épargnants. En bourse, votre rendement dépend des titres sélectionnés. Cette différence explique la plupart des mauvaises expériences de débutants.
L’erreur la plus fréquente consiste à acheter une action parce qu’on connaît la marque, sans avoir ouvert un document financier. Trois points méritent une vérification avant l’achat :
- La rentabilité : l’entreprise gagne-t-elle de l’argent, et ses marges progressent-elles sur plusieurs exercices ?
- L’endettement : le niveau de dette reste-t-il soutenable dans un environnement de taux élevés ?
- La valorisation : le prix payé se justifie-t-il par les résultats, en comparaison des sociétés du même secteur ?
Ces données figurent dans les rapports annuels et sur les sites boursiers gratuits, mais en surface : quelques ratios, un historique court, aucune comparaison possible entre plusieurs sociétés. Des outils comme InvestingPro permettent de filtrer cinquante valeurs selon vos propres critères en quelques minutes, avec des données fondamentales normalisées, une estimation de juste valeur et des filtres personnalisés.
D’autres plateformes couvrent des besoins voisins. Zonebourse sert de référence française pour le consensus d’analystes et les objectifs de cours. TradingView reste l’outil de prédilection pour l’analyse graphique. Aucune ne remplace la lecture d’un rapport annuel, mais toutes font gagner du temps à la présélection.
Ces outils servent à choisir et suivre des titres. La répartition globale entre livrets, assurance-vie et bourse relève de votre arbitrage, ou de celui d’un conseiller.
Les erreurs classiques
Une fois le coussin défini et les supports choisis, quelques réflexes mal calibrés suffisent à annuler tout le bénéfice de la démarche.
- Tout laisser sur le compte courant par précaution. Le coussin se calcule, il ne s’estime pas.
- Tout placer d’un coup. Vider le compte courant force à casser un placement au premier imprévu.
- Viser le rendement maximum sans horizon. Un support performant sur dix ans peut devenir ruineux sur dix-huit mois.
- Oublier la fiscalité. Un rendement brut de 5 % ne vaut pas 5 % net après prélèvements.
- Confondre disponibilité et sécurité. Un compte-titres se liquide à tout moment, ce qui ne protège pas d’une moins-value.
Questions fréquentes
Livret A ou LDDS en priorité ?
Les deux affichent le même taux, soit 1,70 % depuis le 1er août 2026. Remplissez le Livret A d’abord, son plafond est plus élevé. Le LDDS sert de relais ensuite. Le LEP passe avant les deux si vous y êtes éligible.
Faut-il un PEA ou un compte-titres ?
Le PEA pour les actions européennes avec un avantage fiscal après cinq ans. Le compte-titres pour accéder aux marchés américains ou asiatiques, ou pour dépasser le plafond du PEA. Les deux se cumulent.
Peut-on commencer avec de petits montants ?
Oui. La plupart des courtiers n’imposent plus de minimum significatif, et les versements programmés mensuels lissent les points d’entrée.