L’inflation est la hausse générale et durable des prix des biens et des services. Elle se traduit par une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie : avec la même somme, on peut acheter moins de choses qu’auparavant.
Quand on dit que « tout augmente », on parle d’inflation. Ce phénomène touche directement votre budget, mais aussi le rendement réel de votre épargne et le coût de vos crédits.
Comment mesure-t-on l’inflation ?
En France, l’Insee publie chaque mois l’indice des prix à la consommation (IPC). Il suit l’évolution des prix d’un panier représentatif de biens et services achetés par les ménages : alimentation, énergie, loyers, transports, santé, loisirs… L’inflation correspond à la variation de cet indice sur un an.
Pour comparer les pays de la zone euro, on utilise une version harmonisée, l’IPCH. C’est sur cet indicateur que la Banque centrale européenne (BCE) fixe son objectif : une inflation de 2 % à moyen terme. Lorsque les prix montent trop vite, la BCE relève ses taux directeurs pour freiner le crédit et la demande ; lorsqu’ils stagnent, elle les abaisse.
Exemple : ce que l’inflation fait à 1 000 €
Avec une inflation de 2 % par an, un billet de 1 000 € gardé dans un tiroir ne permet plus d’acheter, au bout de 10 ans, que l’équivalent d’environ 820 € d’aujourd’hui (1 000 ÷ 1,0210). Le montant nominal n’a pas bougé, mais votre pouvoir d’achat a reculé de près de 18 %.
Ce que l’inflation change pour vos finances
- Votre épargne : ce qui compte est le rendement réel, c’est-à-dire le taux de votre placement moins l’inflation. Un livret à 2 % avec une inflation à 3 % fait perdre 1 % de pouvoir d’achat par an. Le taux du Livret A et du LDDS est d’ailleurs calculé en partie à partir de l’inflation, tout comme celui du LEP.
- Vos crédits : pour un emprunteur à taux fixe, l’inflation allège le poids réel des mensualités, surtout si les revenus suivent la hausse des prix. En revanche, elle pousse les taux des nouveaux crédits à la hausse.
- Vos revenus et dépenses indexés : loyers (indice de référence des loyers), pensions de retraite, certaines prestations sociales ou le Smic sont revalorisés en fonction de l’inflation, avec un décalage.
Les mots à ne pas confondre
- Désinflation : l’inflation ralentit, mais les prix continuent de monter (on passe par exemple de 5 % à 2 %).
- Déflation : les prix baissent durablement. Elle paraît favorable au consommateur mais peut provoquer un report des achats et une hausse du chômage.
- Inflation sous-jacente : inflation hors éléments volatils (énergie, produits frais, tarifs réglementés), utile pour juger la tendance de fond.
- Hyperinflation : hausse des prix incontrôlée, de plusieurs dizaines de pour cent par mois.
- Stagflation : combinaison d’une inflation élevée et d’une croissance faible ou nulle.
Bon à savoir
L’inflation que vous ressentez peut différer du chiffre officiel : l’IPC est une moyenne nationale, alors que le poids de l’énergie, du loyer ou de l’alimentation varie selon les ménages. L’Insee propose un simulateur d’indice des prix personnalisé pour estimer votre propre inflation.
Pour protéger une partie de son épargne, on peut privilégier les placements indexés (LEP si l’on y est éligible, LDDS, obligations indexées) et, sur le long terme, diversifier vers des actifs dont la valeur tend à suivre les prix.