La déflation est une baisse générale et durable du niveau des prix. Elle se traduit par une hausse du pouvoir d’achat de la monnaie, mais freine souvent l’activité économique.
La déflation semble être une bonne nouvelle pour le consommateur, puisque les prix baissent. Pour une économie, c’est pourtant un phénomène redouté par les banques centrales.
Déflation, désinflation : ne pas confondre
- Déflation : les prix baissent, l’indice des prix est en recul sur un an.
- Désinflation : les prix continuent d’augmenter, mais moins vite. Passer de 5 % à 2 % d’inflation, c’est de la désinflation.
Une baisse ponctuelle des prix d’un produit (l’électronique, par exemple) ne suffit pas non plus : la déflation concerne le niveau général des prix, de manière durable.
Pourquoi est-elle dangereuse ?
- Les achats sont reportés : si les prix baissent, ménages et entreprises attendent pour acheter, ce qui réduit la demande et pousse encore les prix à la baisse.
- Les dettes pèsent plus lourd : les revenus stagnent ou baissent, mais les mensualités de crédit restent identiques. La charge réelle de la dette augmente.
- Les entreprises réduisent leurs coûts : baisse des salaires, licenciements, gel des investissements.
Ce cercle vicieux est appelé spirale déflationniste. Le Japon en a connu une longue période à partir des années 1990, et la Grande Dépression des années 1930 s’est accompagnée d’une forte déflation.
Comment la combattre ?
C’est l’une des raisons pour lesquelles la Banque centrale européenne vise une inflation de 2 % à moyen terme, et non de 0 % : cette marge éloigne le risque de déflation. Pour lutter contre une baisse des prix, la banque centrale abaisse ses taux directeurs, parfois jusqu’à des niveaux négatifs comme entre 2014 et 2022, et peut acheter massivement des titres pour injecter des liquidités. Les États peuvent aussi relancer la demande par des dépenses publiques.
Quelles conséquences pour votre argent ?
Exemple
Avec une baisse des prix de 1 % sur un an, un livret rémunéré à 0,5 % offre un rendement réel positif de 1,5 %. À l’inverse, un emprunteur à taux fixe voit sa dette s’alourdir en termes réels, surtout si ses revenus diminuent.
La zone euro n’a connu que de brefs épisodes de prix en baisse, notamment en 2015 et en 2020. Pour comprendre l’action de la BCE, lisez notre article sur la baisse des taux de la BCE et notre analyse des effets des taux d’intérêt négatifs.